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    Blida: Révolte populaire à Bouroumi

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    PHOENIX
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    Blida: Révolte populaire à Bouroumi

    Message par PHOENIX le Mer 21 Juil - 8:57





    Le hameau suffoque littéralement depuis de nombreuses années sous un nuage lourd et bas s’abattant jusque sur les villes d’El Affroun et Mouzaïa, et rendant, de nuit, la visibilité pratiquement nulle.

    La population de Bouroumi est, depuis une semaine, sous tension. C’est à 22h, jeudi dernier, qu’une révolte populaire massive, longtemps contenue, a éclaté dans ce paisible hameau de près de
    1 600 habitants.
    La foule excédée, évaluée à près d’un millier de personnes, a eu recours à un moyen spectaculaire pour manifester le mal profond qui la ronge depuis plusieurs années : le calvaire d’un quotidien empoisonné par les fumées toxiques asphyxiantes, âcres et nauséabondes, inhalées de jour comme de nuit, et dues à l’incinération des deux décharges, celle d’El Affroun, en amont, et celle de Mouzaïa, en aval, entre lesquelles la population est prise en étau. Le hameau suffoque littéralement depuis de nombreuses années sous un nuage lourd et bas s’abattant jusque sur les villes d’El Affroun et Mouzaïa et rendant, de nuit, la visibilité pratiquement nulle. Cet état de fait a généré des insuffisances respiratoires, des pathologies pulmonaires et diverses allergies touchant plus de la moitié de la population adulte. Le pourcentage des enfants en bas âge atteints serait bien supérieur.
    À bout de patience, surtout depuis le décès d’asthmatiques, les habitants barrent la route principale de leur hameau (un tronçon de la RN4), limité à l’ouest par son chef-lieu de commune (El Affroun) et, à l’est, par la commune de Mouzaïa, paralysant ainsi toute circulation vers cet axe routier. Quelques heures plus tard, le trafic reprendra avec l’arrivée, sur les lieux, du chef de daïra de Mouzaïa, Djamel Haddou, assurant l’intérim pour celle d’El Affroun. Vendredi matin, l’image désolante de la veille se reproduit avec pneus et troncs d’arbre fumant, barricades, blocs de pierres, tessons de bouteilles et ordures ménagères jonchant la chaussée. L’arrivée du chef de cabinet, Mohamed Taleb (en l’absence du wali en congé) et d’un lourd dispositif sécuritaire libérera la voie, non sans heurts. Face au discours pondéré du représentant de la wilaya et de la promesse qu’il fera de passer en revue sur place, dimanche, tous les problèmes avec la population, en présence des directeurs de l’exécutif des secteurs concernés, en vue de solutions éventuelles à trouver ensemble, “il suffira, selon des habitants, de quelques jets de pierres pour enflammer les forces anti-émeute de la gendarmerie de Blida, arrivées en nombre impressionnant, avec troupes au sol et aéroportées, et qui n’hésiteront pas à brutaliser les citoyens”. Quatre d’entre eux (dont le président du comité de quartier, 69 ans) pris dans le tas seront arrêtés et conduits à la brigade de gendarmerie d’El Affroun. Si les trois jeunes seront libérés à minuit, le sexagénaire, soupçonné d’avoir incité à la révolte, passera deux nuits en cellule. Dimanche, les habitants, pour la plupart, n’iront pas au travail pour être au rendez-vous que leur avait donné le chef de cabinet. Ne le voyant pas venir, ils réinvestissent la rue qu’ils barrent de nouveau. Quand une commission déléguée par M.Taleb (empêché de venir) arrive sur place, une bonne partie de la population refuse le dialogue du fait de l’absence du wali par intérim. Un seul citoyen suivra la commission au siège de la daïra d’El Affroun.
    Pendant ce temps, les ouvriers des APC d’El Affroun et Mouzaïa, en présence des autorités, s’emploient à désobstruer la route. La gendarmerie, elle, procédera à une rafle que les habitants qualifieront d’injuste même si elle répond au souci de rétablir l’ordre. Huit jeunes, pour la plupart sans histoire, qui rentraient du travail ou sortaient pour faire une course sont conduits à la brigade d’El Affroun. Lundi, ils passaient leur deuxième nuit en cellule.
    Aux problèmes inhérents aux deux décharges, s’en ajoutent d’autres, importants et divers, qui donnent de Bouroumi l’image du parent pauvre d’El Affroun. Certaines réalisations inscrites dans le plan quinquennal
    2010-2014 devraient en résoudre quelques-uns, à bref ou moyen terme. À cet effet, M. Haddou signale : “Nous avons tracé un programme d’actions pour répondre aux revendications de la population. Pour l’heure, nous nous employons à enterrer les ordures en attendant que le CET de Aïn Romana (Mouzaïa) soit fonctionnel, quant au projet sectoriel d’aménagement urbain (avec éclairage, AEP, assainissement…), il est en cours de réalisation. Tous les problèmes soulevés ne peuvent pas être réglés dans l’immédiat : pour l’infrastructure de loisirs demandée, il faut trouver l’assiette appropriée, sachant que nous sommes dans un périmètre irrigué agricole à préserver, tout comme l’aménagement des ruelles qui ne peut se faire qu’après achèvement des travaux d’assainissement et d’AEP.” Les promesses faites par les représentants de l’État ont rassuré, en partie, la population.
    Pour l’heure, l’inquiétude et la colère demeurent tant que les huit détenus ne seront pas libérés. Le calme actuel n’est pas de bon augure.

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