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    La LADDH dresse un bilan noir de la situation des droits de l'homme en Algérie

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    PHOENIX
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    La LADDH dresse un bilan noir de la situation des droits de l'homme en Algérie

    Message par PHOENIX le Jeu 1 Avr - 13:51

    A l'issue de son 3ème congrès qui s'est tenu les 25 et 26 mars dernier, la LADDH publie un bilan très négatif de la situation des droits de l'homme en 2009 en Algérie. La Ligue attribue au maintien de l'état d'urgence depuis 1992, l'origine principale des manquements du pays dans le domaine des libertés et « l'obstacle majeur à la promotion des droits de l'homme, à la mobilisation de la société civile et au succès des réformes démocratiques ».« Après 18 ans de normalisation dans une atmosphère de violence et de crise économique et sociale, une chape de plomb continue de couvrir les droits de l’homme dans notre pays, malgré une façade démocratique qui ne trompe que les innocents » dénonce la LADDH dans son bilan. L'état d'urgence donne tous les pouvoirs en matière de liberté au ministère de l'Intérieur, ajoute-t-elle. « aucune distribution de tract à la population, aucune manifestation publique, aucune manifestation de tracts à la population aucune manifestation publique, aucune manifestation de rue (en dehors des bains de foule du Président de la République) », argumente la Ligue qui rappelle ses actions pour militer en faveur de la levée de l'état d'urgence.

    La LADDH dénonce également la non résolution de la quesiton des disparitions forcées et la volonté du gouvernement « d'enterrer » ce dossier. « La lutte contre l’impunité, le droit à la vérité (par une commission d’enquête indépendante) et l’indemnisation qui sont normalement complémentaires restent sujet à marchandage avec un pouvoir qui persiste à absoudre des criminels au sein des Institutions de l’Etat », accuse la Ligue, qui dénonce, comme d'autres ONG internationales, l'existence de prisons secrètes et la répression des familles de disparus qui manifestent régulièrement pour obtenir des réponses.

    C'est en définitive la mise en application de la Charte de la réconciliation nationale qui pose problème pour la LADDH. Plusieurs faits comme les massacres collectifs, les viols ou les attentats dans les lieux publics ne devraient pas donner lieu à l'impunité de leurs auteurs mais « il est de notoriété publique que de nombreux auteurs de tels crimes ont rejoint leur foyer sans être inquiétés par la justice », s'indigne la Ligue.

    La justice algérienne de manière générale est d'ailleurs est d'ailleurs pointée du doigt par la LADDH. « Les cours de justice et tribunaux ne sont pas des lieux où la justice est rendue, mais des instances politiques où le pouvoir politique juge ses adversaires », assène-t-elle.

    Au chapitre des libertés, la Ligue dénonce « un fort sentiment de recul, voire de négation, de la liberté d’expression ». En cause: l'état d'urgence toujours, la pénalisation des délits de presse, la loi sur l'information du 3 avril 1990 - « un code pénal bis » selon elle. Cela se traduit par une « autocensure » des journalistes, la censure de plusieurs livres notamment dans le cadre du Salon international du livre 2009, mais aussi par des « restrictions » de la couverture des médias internationaux sur les questions de sécurité et de terrorisme. Même l'Internet n'échappe pas aux inquiétudes de la LADDH. Si son accès est « généralement libre », la ligue relève la surveillance des mails, des forums de discussion. Au final, « le citoyen est asphysixié et la LADDH revendique avec force l'ouverture des médias publics ».

    La Ligue dénonce également « une régression continue et un étouffement paralysant » des libertés d'associations et de réunion. Elle note les entraves aux créations de partis politiques et d'associations, à la tenue de réunions d'associations et de manifestations, la repression des grèves.

    Enfin, la LADDH consacre une grande part de son rapport à l'analyse de la vie politique algérienne, notamment au déroulement et à la couverture médiatique de l'élection présidentielle qui s'est tenue en avril 2009.
    Elle note que durant cette campagne électorale, « la présence de Bouteflika (dans les médias, ndlr) égale à elle seule l'ensemble de tous les autres candidats réunis » et un traitement toujours « positif » de cette campagne, notamment en ce qui concerne le candidat Bouteflika dans les médias publics, sans laisser la place aux moindres critiques. Ainsi, les forces politiques ou courants abstentionnistes n'ont occupé que 3,23% de l'espace médiatique consacré à l'élection présidentielle. « Le peu des superficies qu’on leur a consacrées, spécialement dans les médias de l’information étatiques, n’ont existées que pour des fins manipulatrices par la diffusion de discours assimilant ces acteurs à des traîtres et à des mécréants », analyse la LADDH.

    Au final, La ligue juge que « dans les conditions politiques actuelles, les élections ne peuvent pas être libres. Leur organisation est exclusivement entre les mains de l’Administration avec les apparences de commissions électorales inefficaces. A ce jour aucune contestation des résultats électoraux n’a eu des suites légales annulant un résultat ». «Protégé par les dispositions de l’état d’urgence, le pouvoir gère le pluralisme à sa guise », affirme la LADDH qui voit dans cette gestion l'impossiblité d'une alternance, seule garantie de la démocratie.

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