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    L'histoire ancienne revisitée : « Les rois berbères » d’Ernest Mercier

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    PHOENIX
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    L'histoire ancienne revisitée : « Les rois berbères » d’Ernest Mercier

    Message par PHOENIX le Sam 30 Oct - 13:33



    http://img225.imageshack.us/img225/9600/0acomroisberberes.jpg

    Des pans entiers de l’histoire algérienne restent encore méconnus. Pendant des années, on n’a pas voulu parler de ces époques lointaines où l’Afrique du Nord était une région où tant de combats se menaient, où tant de réalisations se concrétisaient. Né à Constantine en 1878, Ernest Mercier fut un passionné du pays de Massinissa. Avant de s’éteindre à Paris en 1955 après avoir créé la Compagnie française du pétrole, il a écrit un ouvrage pour raconter la gloire et les tourments des rois berbères.

    "Les rois berbères"* vaut le détour dans la mesure où il nous restitue une époque pleine de péripéties, de luttes, qui transmettent des leçons jusqu’aux temps contemporains. Ainsi la trahison de Jugurtha est entrée dans l’histoire ; « vendu » par Bokkus, on désigne aujourd’hui en kabyle la trahison par le terme de « elbokhs », en référence à cet épisode lointain.

    « Un message fut envoyé à Jugurtha pour l’engager à venir traiter de la paix ; mais le Numide était trop loin pour consentir à se livrer ainsi aux mains de ses ennemis et il exigea tout d’abord que Sylla lui fût remis en otage. Pendant plusieurs jours, Bokkus hésita encore pour savoir s’il livrerait Sylla à Jugurtha, ou Jugurtha à Sylla. Enfin, il se prononça pour le dernier parti. Après bien des négociations, il fut convenu que chacun se rendrait, sans armes, à un endroit désigné, afin d’arrêter les conditions de la paix. Jugurtha, vaincu, par les assurances que lui prodigua son beau-père, se décida à venir au rendez-vous ; mais à peine était-on réuni que des gardes, cachés aux environs, se jetèrent sur le prince numide et le livrèrent à Sylla. Ainsi la trahison mit fin à cette guerre que le génie de Jugurtha aurait peut-être prolongée encore », écrit Ernest Mercier.

    Ce dernier estime, à juste titre, que dans bien des cas, l’histoire de l’Afrique du Nord s’est concentrée sur celle de Carthage. Pourtant les Berbères ont de tout temps occupé la scène ; l’exemple du roi Massinissa est assez édifiant. Père d’un grand nombre d’enfants, Massinissa désigne à sa mort seulement trois d’entre eux comme héritiers : Micipsa, Gulussa et Manastabal. Micipsa eut l’autorité principale avec Cirta comme capitale ; Gulussa commanda les troupes et Manastabal fut chargé des affaires judiciaires. Micipsa était d’un caractère tranquille, épris de la philosophie grecque. Pour exercer seul le pouvoir, il n’hésita pas à éliminer ses deux frères ; il s’aida ensuite de ses deux fils, Adherbal et Hiemsal ainsi que de son neveu Jugurtha, fils naturel de Manastabal. Micipsa régna durant trente ans.

    A sa mort, Jugurtha employa la force pour prendre le dessus sur Adherbal et Hiemsal. Guerre et paix se succédaient alors en Numidie ; que ce soit entre les rois berbères eux-mêmes ou contre Rome. Les révoltes étaient également courantes ; celle de Takfarinas contre les Romains, dans les Aurès, est restée dans les mémoires ; elle eut lieu vers l’an 17. Même s’il est souvent assez général, le livre d’Ernest Mercier permet au lecteur de connaitre une partie de l’histoire ancienne de l’Afrique du Nord.

    * « Les rois berbères » d’Ernest Mercier, éditions Lumières libres, 108 pages, 360 DA.


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    Re: L'histoire ancienne revisitée : « Les rois berbères » d’Ernest Mercier

    Message par PHOENIX le Sam 30 Oct - 13:36


    L’histoire des Rois Berbères a toujours suscité l’intérêt des historiens du monde entier. L’Afrique du nord n’a pas été à l’écart de ce qui se passe en Méditerranée et ailleurs, depuis la nuit des temps. Cependant, ces pages historiques sont, souvent, l’œuvre des Romains, des espagnoles, des Français ou autres colonisateurs. Les livres publiés sur les Hommes libres sont, par fois, douteux car ils sont écrits par les des dominateurs. Aujourd’hui, nous devons écrire nous-mêmes l’histoire de nos aïeux, avec plus d’objectivité et de professionnalisme. La mémoire de ce peuple, qui résiste depuis des millénaires, nous interpelle. Pour bien mener cette démarche, la lecture des livres anciens est très importante, car elle nous fournit, malgré tout, des éléments-clefs d’un passé fragmenté. Au moment, où notre jeunesse, pour moult raisons, ignore l’histoire lointaine de ses ancêtres, nous publions ce livre contre l’oubli, en exclusivité. Dans un style simple, Ernest Mercier, raconte l’Histoire de certains Rois Berbères. « Après la conclusion d’une paix aussi désastreuse, les dissensions, les vengeances, les récriminations stériles, occupèrent les Carthaginois. Hannibal essaya en vain de rétablir la concorde parmi ses concitoyens, en leur représentant combien il était peu patriotique de consumer ses forces dans des divisions intestines, sous l’œil de l’ennemi héréditaire, au lieu de s’appliquer à réparer les désastres et à se prémunir contre les attaques imminentes de Massinissa …Cependant Massinissa avait, depuis longtemps, commencé ses incursions sur le territoire soumis à Carthage, et c’est en vain que la métropole punique avait fait parvenir ses réclamations à Rome contre le prince berbère. Les Romains avaient éludé toute mesure réparatrice et, passant au rôle d’accusateurs, avaient reproché aux Carthaginois d’entretenir des relations avec Antiochus, leur ennemi. Un parti puissant, dont Caton n’allait pas tarder à se faire l’écho, réclamait déjà la destruction de Carthage. Massinissa, encouragé par cette approbation tacite, il organise une expédition sur le territoire des Emporia, au fond du golfe de Gabès, et ravagea cette riche contrée sans pouvoir toutefois s’emparer d’aucune ville. Mais il renouvela bientôt ses attaques et, après quelques années de luttes, resta maître de toute cette province », écrit l’auteur français. Ce livre retrace les pages glorieuses de l’histoire des Rois Berbères, mais aussi décrit les tourments et les trahisons fratricides. « Un message fut envoyé à Jugurtha pour l’engager à venir traiter de la paix ; mais le Numide était trop loin pour consentir à se livrer ainsi aux mains de ses ennemis et il exigea tout d’abord que Sylla lui fût remis en otage. Pendant plusieurs jours, Bokkus hésita encore pour savoir s’il livrerait Sylla à Jugurtha, ou Jugurtha à Sylla. Enfin, il se prononça pour le dernier parti. Après bien des négociations, il fut convenu que chacun se rendrait, sans armes, à un endroit désigné, afin d’arrêter les conditions de la paix. Jugurtha, vaincu par les assurances que lui prodigua son beau-père, se décida à venir au rendez-vous; mais, à peine était-on réuni, que des gardes, cachés aux environs, se jetèrent sur le prince numide et le livrèrent garrotté à Sylla. Ainsi la trahison mit fin à cette guerre que le génie de Jugurtha aurait peut-être prolongée encore. Le premier janvier 104, Marius fait son entrée triomphale à Rome, précédé de Jugurtha en costume royal et couvert de chaînes ; puis le vaincu fut jeté dans le cachot du Capitole, où il mourut misérablement. La guerre de Jugurtha fut en résumé l’acte de résistance le plus sérieux des Berbères contre les Romains », précise l’auteur. Les Rois Berbères : Entre la gloire est les tourments est un livre inédit qui s’adresse au grand public. Au moment, où l’amnésie collective prend des proportions alarmantes, éditer une œuvre historique, d’une indéniable importance, est plus qu’indispensable.


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