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    La valse à trois temps

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    PHOENIX
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    La valse à trois temps

    Message par PHOENIX le Dim 26 Sep - 15:04




    Paris fait le premier pas en relâchant Hasseni et en envoyant ses sherpas tels que Guéant, Levitte, Idrac et bientôt Raffarin afin de détendre les relations et profiter, au passage, des largesses de la manne algérienne. À cette offensive de charme, si l’on excepte Chevènement, Alger se devait de répondre par la positive.

    Paris a poussé un grand ouf de soulagement en écoutant les propos du président de l’APN, Abdelaziz Ziari, qui met fin à une fausse polémique qui a failli dégénérer en affaire d’État. Le projet de loi criminalisant le colonialisme est enterré. Cette affirmation met ainsi un terme à une drôle de valse diplomatique entre Alger et Paris. Une valse à trois temps qui met en scène des chefs d’orchestre rompus, aussi bien à El-Mouradia qu’à l’Élysée.

    Premier temps : ce projet surgit dans le cerveau d’un député quasi inconnu qui a eu l’ingénieuse idée de proposer cette loi qui remet en cause les accords d’Évian. Une partie du FLN lui emboîte le pas ainsi que quelques voix de la famille révolutionnaire qui trouvent là une occasion supplémentaire pour provoquer un Sarkozy, partisan de l’anti-repentance. La panique suscitée à Paris est telle que les promoteurs du projet ont fait mouche. Les signaux, de plus en plus sévères, arrivent à Alger, et Bouteflika laisse faire en attendant une décantation naturelle du moment qu’il ne veut pas se mettre à dos les nationalistes historiques et n’a pas dans l’idée de se rendre de sitôt à Paris pour donner du grain à moudre à un Sarkozy qui a avalé de travers ce “cadeau” de mi-mandat de la part de “l’allié” algérien.
    Deuxième temps : Paris examine les possibilités de changer de température. Pour le chaud, il y a l’affaire Hasseni qui traîne en longueur et dont le règlement pourrait être le prélude au réchauffement.

    Accessoirement, il y a l’affaire Mami qui est de l’ordre du symbolique, mais qui peut être interprétée comme un signe de détente. Pour le froid, l’affaire des moines de Tibhirine est devenue comme une épée de Damoclès brandie à chaque début de crise, et pour ne pas être en reste, l’ambassadeur de France à Alger est mis dans une position intenable après les déclarations irrespectueuses de Bernard Kouchner qui évoque la fin biologique des dirigeants algériens issus de l’ALN. Le rythme de cette danse s’accélère au point que, faute de concessions, l’une des deux capitales allait se prendre les pieds dans le tapis.

    Troisième temps : paradoxalement, les difficultés internes des deux présidents ouvrent un chapitre d’apaisement. Sarkozy, en proie avec des scandales financiers, débordé par sa droite extrême, veut préparer en mieux 2012, et il est probablement temps de ne pas s’aliéner Alger qui est devenue un centre d’intérêt de ses concurrents, mêmes les socialistes. Bouteflika s’ampute de sa garde rapprochée au sein du gouvernement et tente de faire front à des scandales de corruption à répétition. Paris fait le premier pas en relâchant Hasseni et en envoyant ses sherpas tels que Guéant, Levitte, Idrac et bientôt Raffarin afin de détendre les relations et profiter, au passage, des largesses de la manne algérienne. À cette offensive de charme, si l’on excepte Chevènement, Alger se devait de répondre par la positive. Si le voyage de Bouteflika à Paris est l’arlésienne diplomatique du moment, le président algérien se devait d’apporter sa contribution au réchauffement. Et quoi de plus logique que d’enterrer un projet qui était déjà mort-né.
    Fin de la valse entre Paris et Alger en attendant l’autre valse qui s’ouvre au Sahel.

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