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    Tigzirt: RICHESSE NATURELLE CAPTIVANTE ET GESTION HUMAINE DÉCEVANTE

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    PHOENIX
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    Tigzirt: RICHESSE NATURELLE CAPTIVANTE ET GESTION HUMAINE DÉCEVANTE

    Message par PHOENIX le Mer 21 Juil - 8:53



    Le week-end, la ville de Tigzirt-sur - Mer est prise d'assaut par des dizaines de milliers d'estivants venus des quatre coins de la Kabylie. Les plages sont, durant une bonne partie de la journée, bondées de baigneurs et les artères de la ville regorgent de voitures, de fourgons et de bus. En dépit de la canicule, les trottoirs grouillent de passants, les terrasses des cafés aussi. Il s'agit du premier week-end de grande affluence de la saison estivale 2010. Une période que tous les commerçants de la ville de Tigzirt guettent avec l'immense espoir de recevoir des vacanciers qui ne tiendront pas trop serrés les cordons de leurs bourses afin d'amortir le déficit de l'année.

    Le s gérants des boutiques se sont bien préparés pour l'occasion depuis longtemps et, à présent, il ne reste qu'à fructifier les rendez-vous. Cela va de soi, les commerçants ont fait tout ce qui est en leur pouvoir pour réussir la saison estivale et redorer l'image de la cité balnéaire quelque peu ternie par différents événements dont les enlèvements en série qu'a connu la région, le légendaire problème du manque d'eau potable, la fragilité des réseaux de télécommunication et de l'énergie électrique, toujours d'actualité...Tout le monde, à présent, espère au moins prendre un nouveau départ. Ou, tout au moins, faire mieux que l'été passé qui a été une saison en demi-teinte. Mais, la tâche n'est pas aisée. Car, tous les paramètres ne sont pas entre les mains des commerçants, ni de l'APC également. Donc, l'association de tous les acteurs locaux est plus que nécessaire pour gagner le pari. Le pari de la vocation marine de la ville et de la valorisation de l'économie touristique dans la région. Aussi, pour savoir exactement si tout est fait pour assurer le repos des estivants et quel est l'impact de l'arrivée massive de ces derniers sur l'économie locale, il faut faire un tour sur les lieux de détente et rendre visites aux commerçants de la périphérie, situé dans les endroits les moins achalandés de la ville, donc les moins visités. L'HYGIÉNE : UNE PRIORITÉ DE L'APC Comme chaque année, à la fin du printemps, les autorités locales de Tigzirt procèdent à certaines o p é r a - t i o n s entrant dans le c a d r e de la préparation de la saison estivale, la période la plus importante dans la vie de la cité balnéaire. Ces opérations concernent le ravalement des façades, le chaulage des arbres, la teinte des bordures, le débroussaillage et le nettoiement des plages et des artères entre autres. Cette année, pour l'exécutif local, l'une des priorités pour la réussite de la saison estivale est l'hygiène. En ce début d'été, les autorités locales ont effectué nombre d'opérations de salubrités publiques en procédant, par exemple, à l'abattage des chats et chiens errants, capables de menacer la sécurité des passants, et se sont aussi attaquées aux bestioles nuisantes, capables de troubler le repos des estivants, en démoustiquant au moyen de fumigation de tous les quartiers de la ville. Un effort est également consenti dans la collecte des ordures ménagères qui se fait désormais tous les jours de la semaine. Le passage des éboueurs s'effectue tôt le matin, c'est-à-dire avant le lever des vacanciers, et simultanément dans tous les quartiers de la ville. La ville est restée propre malgré l'immensité de la tâche des équipes de nettoyages et surtout du comportement indélicat de nombreux passants qui jettent n'importe où leurs rejets. Sur les plages, le lieu de détente par excellence, des vacanciers, l'APC a confié le service de nettoyage à trois équipes du dispositif de « Blanche Algérie » de dix employés chacune. Elles sont chargées exclusivement du nettoyage des plages de Feraoun, Tassalast et l'ex-Farnet, autrement dit la grande plage. Elles reprennent leur travail chaque matin et ne quittent les lieux qu'après avoir nettoyé toute la bande de sable ou de galets de toute sa longueur. Mais, dans les endroits un peu plus reculés, la propreté laisse à désirer. Les commerçants ont été instruits de contribuer au respect des mesures d'hygiènes en respectant l'horaire de passage des éboueur s pour sortir les poub e l l e s . Grâce à toutes ces mesures, la ville est loin de donner une image sale. L'ANIMATION : UN VÉRITABLE GACHIS Le point le plus négatif de la saison estivale, en cours, est sans aucun doute l'animation qui est quasi-inexistante. En effet, un mois et demi après son ouverture, aucune soirée n'a été programmée à ce jour. Cela revient en grande partie au manque d'infrastructure d'accueil et aussi au problème de la sécurité. Malgré la présence massive des services de sécurités, tous corps confondus, l'état d'urgence maintenu, bien plus pour des raisons politiques que sécuritaires, désarment le P/APC. Ce dernier, pourtant premier magistrat de la commune, n'est plus en mesure d'imposer ses règles aux corps constitués. Habituellement, en période estivale, les autorités locales de Tigzirt-sur-Mer animaient les soirées estivales dans l'esplanade des ruines romaines et le centre culturel. Mais, depuis l'année dernière, le site historique exige des droits d'exploitation du site. Le centre culturel, jadis utilisé comme espace d'animation, n'est plus exploité à cause du récurent problème de sécurité. Autre infrastructure non exploitée, le cinéma Mizrana en l'occurrence. Cette salle complètement rénovée avec un budget de 4 millions de dinars est aujourd'hui sous exploitée. En effet, elle n'ouvre ses portes qu'à de rares occasions pour des conférences politiques notamment. Son utilisation s'avère aléatoire du fait qu'elle n'est pas pourvue des moyens de climatisation. Aussi, les estivants qui ont élu domicile à Tigzirt sont restés sur leur faim. Le seul grain de sel est à l'apanage des pêcheurs qui exploitent un nouveau filon : la location de bateau pour des virées en mer. En effet, toute la journée ils se relayaient sur le port pour rabattre les clients à la criée. Le trajet, aller et retour, vers l'îlot se fait en barque à raison de 100 dinars par personne. Les pêcheurs rembarquent les passagers après avoir fait le tour de l'île et pris quelques photos souvenir. Dans le reste de la ville, la monotonie, pour ne pas dire la mélancolie, domine. Cependant, une petite lueur vient d'apparaître dans le ciel Tigzirtois. Elle concerne l'unique manifestation culturelle de l'été 2010 connue pour le moment. Ainsi, il est attendu que les soirées de Tigzirt seront animées dans la deuxième quinzaine du mois en cours par le passage des troupes folkloriques du Festival Arabo-Africain. En effet, le 18 et le 19 juillet en cours, les rues de la ville balnéaire ainsi que de celle de sa voisine d'Azeffoun seront animées par les danseurs venus des profondeurs de l'Afrique et des pays arabes. Une manifestation déjà de passage l'année passée, lors du Festival panafricain, qui a admirablement égayé les spectateurs, toujours nombreux au rendez-vous. LE PORT : UNE INFRASTRUCTURE INEXPLOITÉE Il ne reste aux familles que l'enceinte du port de pêche et de plaisance pour passer une partie de la nuit en plein-air et au frais. Son magnifique et vaste jardin pourvu de bancs et la carapace interne de la jetée principale dont les blocs de pierres servent de coussins aux nombreuses familles noctambules. Le site est sécurisé à souhait et parfaitement éclairé, offre aux visiteurs un endroit idéal pour organiser des sorties familiales. L'infrastructure portuaire, si elle est exploitée à bon escient, aurait offert à elle seule, tout ce qui manque à la vie nocturne dans la cité balnéaire. En effet, en plus de l'immense espace dont elle est constituée, il existe toutes sortes de moyens pour assurer un repos de qualité aux visiteurs. À commencer par les sanitaires, douze salles de toilettes dont la construction est achevée depuis de belles lurettes mais qui, bizarrement, demeurent fermées à l'utilisation publique. Aussi, toute personne se trouvant dans le besoin doit impérativement quitter les lieux et remonter en ville pour se soulager. Alors que leur exploitation permettrait de faire fructifier l'installation et soulager les passants. Les tares dans la gestion de l'infrastructure portuaire ne s'arrêtent pas uniquement aux salles de toilettes fermées mais elles concernent également la cafétéria. Selon une source bien informée, « l'établissement est louée depuis le mois de janvier dernier mais sans que le locataire ne puisse exercer son activité et ce à cause de diverses formalités administratives que la société de gestion du port de pêche et de plaisance n'a pas encore réussi à surmonter ». Pour se désaltérer, les passants ou noctambules qui ont préféré, se reposer au port, doivent prendre leurs précautions avant de s'y rendre. Le terre-plein du port aurait pu également régler au moins partiellement un autre problème cruciale en cette période de grande affluence : le stationnement en l'occurrence. Effectivement, le parking de l'infrastructure peut accueillir une centaine de véhicules mais qui est actuellement fermé au public. Il n'y a que les pêcheurs qui ont le droit de l'utiliser. Cela prive également la ville d'un espace nonnégligeable et la société de gestion du port d'importants gains. Le petit espace pour enfant est également toujours fermé la nuit venue. Ce qui prive les chérubins accompagnant leurs parents de passer de bons moments. Notons, enfin, que le port en question accuse un retard de six ans alors que la durée initiale impartie à son achèvement est de 24 mois. FAIBLE IMPACT ÉCONOMIQUE DES ESTIVANTS Nous nous rendons chez un cafetier, situé sur la RN 24 et non-loin de la plage de Feraoun. La salle de 20 places et la terrasse de même capacité sont vides, en ce dimanche 11 juillet à 16h. Pour Hakim, le gérant, la saison vient tout juste de commencer. « C'est le premier week-end où les estivants se sont déplacés en masse vers la plage Feraoun ». Mais, l'apport économique des estivants est encore trop faible en comparaison à la saison dernière, à la même date. De son côté, un autre jeune exploitant une gargote sur la plage Feraoun dit ne pas avoir encore vu d'estivants dépensiers. Un autre épicier abonde dans le même sens. Pour Karim, un autochtone averti, la raison de tout ce marasme est simple : c'est la crise qui secoue les ménages. « N'oublions pas que nous sommes à la veille du mois de Ramadhan, qui sera suivi par l'Aïd et la rentrée scolaire, donc tout le monde fait ses petits calculs avant de dépenser le moindre sou ». « De plus, la ville a enregistré une baisse d'affluence notable. Pour se convaincre, il n'y a qu'à voir les propositions de location de villas et appartements affichées en ville alors que la saison estivale s'achève dans moins d'un mois avec l'arrivée du carême », poursuit-il. La location dans la ville balnéaire avoisine les 70 000 dinars pour un appartement, grand standing et meublé, situé près de la mer. Ce qui n'est pas à la portée de toutes les bourses, d'où la rareté des familles. « De plus, le locataire est souvent confronté au manque d'eau potable. Et ramener de l'eau devient, au fil des vacances le sport quotidien. Ce qui ne plaide pas en faveur de notre ville ». La saison estivale actuelle s'achemine inexorablement vers un semi-revers. C'est le résultat logique de tous les laisser aller dans sa préparation et la mauvaise exploitation de toutes ses richesses, à commencer par le manque d'animation, l'inexploitation des infrastructures au niveau du port, le règlement définitif de la question de l'eau et bien sûr le rétablissement de la sécurité, qui inclue la lutte contre le terrorisme et le banditisme. La ville à cause de toutes ces lacunes enregistre de moins en moins d'affluence à travers les saisons. Si aucune amélioration n'est constatée dans les prochains mois, l'été 2011 sera peut être moins brillant que celui de l'année en cours. Un rééquilibrage des rôles et des paramètres décisifs s'impose à tout un chacun dans la région de Tigzirt, responsables et citoyens, chacun en ce qui le concerne.

    MOHAMED GHERNAOUT ( Le courrier d'algerie ).

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