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    Président de l’APC de Dellys à “Liberté” : “Nous manquons cruellement de moyens financiers”

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    PHOENIX
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    Président de l’APC de Dellys à “Liberté” : “Nous manquons cruellement de moyens financiers”

    Message par PHOENIX le Lun 31 Mai - 14:25


    Liberté
    : Le briefing matinal auquel vous nous avez conviés est-il une étape instituée dans les actes quotidiens de gestion de la commune ?

    M. Rabah Zerouali : nous avons institué ce briefing matinal depuis le début. Nous discutons des problèmes en suspens, des restes à réaliser, des solutions à mettre en œuvre pour cela et des nouveaux projets éventuels à envisager.

    Présentez-nous votre commune, ses élus et la composition de l’exécutif…

    La commune de Dellys s’étend sur un peu plus de 50 km2. Elle est peuplée d’environ 30 000 âmes. Sa principale ressource est la pêche, mais le port est 0devenu trop étroit pour le nombre de barques, entre sardiniers, petits métiers et chalutiers qui s’y trouvent.
    L’assemblée totalise 11 membres avec un exécutif de 4 éléments. Élus des dernières élections communales sur une liste indépendante, avec quatre sièges, nous disposons d’une majorité relative dans cette APC. Notre exécutif est formé de 3 éléments qui appartiennent à notre liste et d’un élément du PT. Tout se déroule, pour l’instant, sans anicroche entre nous. Nos quatre éléments sont trois ingénieurs et moi-même, je suis sociologue et diplômé en banque. J’étais chef d’une unité bancaire au moment de me présenter aux élections communales.
    Le briefing commence à 8h30 chaque matin et y assistent les administrateurs de l’APC, le SG et les divers responsables de services. Nous y traitons tous les problèmes de gestion courante et ils sont fort nombreux et variés.

    Donnez-nous l’état des lieux de la commune au moment où vous êtes arrivé à sa tête et ce que vous envisagez d’entreprendre afin d’améliorer les choses ?


    Le réflexe du laisser-aller a dominé trop longtemps. Même beaucoup d’argent et de moyens sans rigueur ne pourraient assurer de bons résultats.
    Au moment où la campagne électorale battait son plein, durant la nuit du 26 au 27 novembre 2007, des pluies diluviennes se sont abattues sur notre région, emportant tout sur leur passage, et complétant le tableau sombre des ruines du séisme de mai 2003. Ponts et ouvrages d’art emportés par la furie des eaux, gaz, électricité, eau potable, téléphones coupés. Des maisons ont été emportées ou envahies par la boue, des routes coupées, des commerces fermés, des pylônes de haute tension effondrés, des véhicules emportés par les torrents furieux, des morts… sans que la commune soit classée sinistrée. Déjà qu’avant cette catastrophe naturelle, il y avait un énorme retard accumulé sur tous les plans en infrastructures de base, emplois, etc. La commune de Dellys est une collectivité déficitaire disposant de très peu de ressources, des ressources insignifiantes comparées aux besoins. Les solutions existent, entre autres, réactiver la zone d’activité industrielle mise en place en 1984. Mais l’idéal reste cependant la réactivation du projet de construction du port de Dellys, proposé au cours des années 1970, et dont l’étude a été achevée durant les années 1980. Dellys se situe entre Bougie et Alger et cette situation est stratégique puisqu’elle pourrait, une fois le port construit, désengorger le port d’Alger.
    Dellys ne dispose que de la RN24 comme seule voie accès, sans aucune autre route. La réfection de la RN25A, entre Ben Choud et Dellys sert malgré tout à éviter aux poids lourds se dirigeant vers le port, d’entrer en ville où la circulation devient impossible de jour en jour. Il y a aussi la nouvelle voie d’évitement entre Takdempt et la nouvelle ville qui devra être achevée pour diminuer la pression sur le centre-ville.
    Les chemins communaux sont, en majorité, dans un état lamentable, à l’exemple du chemin communal d’Assouaf. Nous avons établi une fiche technique pour la réfection de ce chemin communal prévoyant une enveloppe financière de 76 millions de dinars, alors que la commune n’a bénéficié, au titre des PCD, que d’une enveloppe totale de 38 millions de dinars, tout juste la moitié de l’enveloppe nécessaire à la réfection du chemin communal !

    Vous pensez que les ressources disponibles sont largement insuffisantes pour résoudre tous les problèmes accumulés depuis des années. Que faudrait-il faire, à votre avis, pour sortir votre commune de son sous-développement ?


    Je pense que Dellys a un besoin urgent d’un programme spécial pour la faire sortir du grave sous-développement où elle stagne depuis de nombreuses années. Nous avons, en collaboration avec MM. les chef de daïra et le wali de Boumerdès, confectionné un dossier en ce sens. Le dossier se trouve sur le bureau du ministre de l’Intérieur et nous avons bon espoir de recevoir une réponse favorable.
    En plus d’un projet de port commercial, Dellys, ville côtière, devrait bénéficier d’une attention particulière du point de vue touristique, car elle ne dispose pas du moindre équipement hôtelier ou de restauration convenable, alors que durant les années 1960, elle possédait deux petits hôtels-restaurants, deux cinémas, de bungalows appartenant à la commune affectés aux enseignants, et disponibles durant l’été pour le tourisme familial.
    Nous avons besoin de deux stations d’épuration, une à l’Est et l’autre à l’Ouest afin de traiter les rejets vers la mer.
    La population a besoin de voir sa ville embellie : des projets d’aménagement urbain, de réfection de chemins communaux et de trottoirs, d’assainissement, etc., la plupart des quartiers de Dellys, même situés au centre-ville, sont touchés. En projet, une gare routière, un marché couvert destiné à absorber l’informel. Nous devons aussi songer à démolir les constructions parasitaires accolées au mur de l’hôpital, et orienter leurs occupants vers le marché couvert une fois créé.
    L’habitat précaire à résorber constitue aussi une de nos grandes préoccupations : le lieu-dit “La Cité”, bâti vers la fin des années 1950 par les français, dans le cadre du “plan de Constantine” en vue d’amadouer les populations autochtones, doit être démoli. Cette cité en parpaing occupe une superficie énorme et se développe, de jour en jour, de manière anarchique. Nous comptons récupérer l’assiette foncière, Dellys étant dépourvue de terrains à bâtir, afin de l’affecter à des projets d’intérêt commun.
    Un autre projet, qui nous tient à cœur, est la canalisation, en partie tout au moins, des eaux pluviales. Des personnes ont construit leurs habitations dans le lit des oueds, en voilà une urgence !
    Pour les activités de jeunesse, nous avons aménagé des aires de jeux et programmé d’autres afin de les réaliser dans un futur proche. Le stade communal a été recouvert de gazon artificiel durant cette année.
    Reste à réaliser une étude globale de l’aménagement du territoire de la commune mieux mûrir tout projet futur.
    Une satisfaction cependant ; l’eau potable est de grande qualité désormais, même les commerçants se plaignent de la mévente de leur eau minérale ou en bouteille : nous recevons de l’eau du barrage de Taksebt et de la station de dessalement de l’eau de mer de Djinet.
    En projet, une décharge contrôlée qui devrait évoluer vers un CET (centre d’enfouissement technique) afin de desservir les 3 communes de Dellys, Afir et Ben Choud.
    Pour ce qui est du tourisme et de la préparation de la saison estivale, la plage Faure a été proposée comme plage surveillée. Les aménagements à réaliser sur la base d’un cahier des charges et d’un permis seront accordés par la Direction du tourisme de la wilaya.

    Tous ces projets sont nombreux et nécessiteront des fonds, comment comptez-vous vous y prendre afin de les mener à bien ?

    Nous serons contraints de faire la part des choses, entre les besoins en quelque sorte vitaux immédiats, et les projets à long terme, qui peuvent attendre. Nous avons accordé une attention particulière à la jeunesse, avec l’aménagement d’aires de jeux, d’une salle de sports polyvalente destinée aux arts martiaux, d’un centre culturel, d’une école de musique chaâbie et andalouse. Nous avons en projet la construction d’une auberge de jeunesse et d’une grande bibliothèque communale. Au village de Thouabet, une salle de classe désaffectée sera aménagée en espace pour les jeunes. Cette expérience nous espérons l’étendre à d’autres villages. Entre parenthèses, le taux de natalité semble baisser puisque des salles de classe se vident d’année en année dans le primaire.
    Comme tout reste à faire question tourisme, pas de restaurant ni d’hôtel, nous mettrons l’accent sur le développement des activités liées au tourisme et au front de mer. Le projet de restauration de La Casbah de Dellys pourrait constituer le déclic attendu pour attirer les touristes nationaux et étrangers.

    Êtes-vous optimiste pour l’avenir de votre commune ?

    S’il nous a fallu compter avec le lourd passif cumulé durant des années, passif auquel sont venus s’ajouter les énormes dégâts du séisme, et ceux des inondations à quelques années d’intervalle, nous faisons confiance à la tutelle qui nous a offert une écoute attentive, tant au niveau de la daïra qu’à celui de la wilaya. La preuve que nous avons confiance en l’avenir de cette ville, c’est que nous avons mis fin à notre carrière, tant par sentiment du devoir que par ambition raisonnée et raisonnable. Nous sommes conscients des difficultés mais raisonnablement optimistes, au niveau de l’ensemble des élus et des employés de la commune. D’ailleurs, nous avons ressenti le soutien de nos concitoyens au cours du bilan de mi-mandat que nous avons exposé en public, comme promis lors de notre campagne électorale. Le 13 mai, nos concitoyens sont venus nombreux nous écouter et chercher des réponses à leurs préoccupations. Nous n’avons pu affronter nos concitoyens que parce que notre conscience est tranquille. Nous comptons instituer ce genre de rencontres et, si possible, les rendre périodiques tous les six mois.

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