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    LA STRATÉGIE DU CHOC: «Celui qui voit la mort, se réjouit de la fièvre !»

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    PHOENIX
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    LA STRATÉGIE DU CHOC: «Celui qui voit la mort, se réjouit de la fièvre !»

    Message par PHOENIX le Dim 14 Mar - 20:06

    Voilà une citation bien de chez nous que Cheaâyeb Lekhdim, en insoucieux et malheureux infortuné, ne cesse, pourtant, de répéter, à chaque croisée des affres lancinantes caractérisant les dos-d’âne de sa vie qu’il traîne en bandoulière, dans une quête de Sisyphe, telle une guerba du Rif ! Il ne pouvait, lui, l’éternel «préoccupé » par le cours de son baril de pétrole réduit au généreux et inflexible filet social, au labyrinthe de la toile d’araignée dans laquelle «on» a majestueusement emprisonné, sans droit d’appel, son nom, tant par manque d’ambition à un quelconque koursi que par son ignorance du cours de change de «merci» !


    Imaginons ce qu’il aurait pu gagner comme brevet d’invention et droits d’auteur qui en découlent s’il avait «vendu» aux véritables écoles à partir desquelles les génies décollent, cette théorie qu’ils ont finalement baptisée par «la théorie du désordre» et «la stratégie du chaos»…! Il est vrai que même si on ne lui avait pas légué un somptueux bien vacant ou une miraculeuse fiche communale, il a cependant hérité toute la sagesse d’Abderrahmane El Mejdoub dont, entre autres, «dors tout nu sur les épines jusqu’au lever de ton jour» ou l’interprétation qu’on lui avait, mauvais gré mal gré, greffée au sujet du verset «Mais il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose qui constitue pourtant un bien pour vous, et il se peut que vous chérissiez une autre, alors qu’elle constitue un mal pour vous»(1). C’est de là, d’ailleurs, qu’il puise toute la force tant pour affronter ces indomptables colonnes journalistiques qui «noircissent» son naïf écran par les interminables feuilletons de corruption que pour tromper ce mal qui ronge sa Aïni et ses Aïcha et Omar, qui, en chanceux damnés de la terre, peinent, sous leur taudis, à gagner le pain maudit, bien qu’ils soient les misérables actionnaires à la Sonatrach and Family et qu’ils n’aient aucune chance d’emprunter, faute de quatre/quatre, une autoroute qui fait «gagner» des milliards ! Avant que l’aurore n’eût étalé les rayons de l’aube de l’Algérie post-coloniale, et alors que Cheaâyeb Lekhdim — qui se souvient comme si cela datait d’hier —, en brave soldat Chvéïk, envoûté par l’euphorique «tahia El Djazaïr», dansait, drapeau algérien en mains, sur les toits des véhicules, parcourant les routes et rues — épilées des tortionnaires de Ben M’hidi et bourreaux de Zabana — à proximité des hanches des Fatmas moulées telles des colombes dans leurs haïks blancs, les «initiés» — légitimité révolutionnaire oblige — se partageaient les luxueux biens vacants qu’ils «sécurisèrent» en y plantant des drapeaux dissuasifs ! Sous le soleil de ce bon vieux temps, les uniques trois pièces de Louis d’or, que Aïni avait hérités de sa défunte mère, ornant un chapelet de fausses perles noires, furent généreusement et joyeusement cédées contre un bon portant le cachet humide de l’Algérie indépendante, au représentant des forces locales pour approvisionner le Trésor public «vidé» par les déportés ! Cheaâyeb Lekhdim était aux anges ! «On» allait tous savourer la liberté en profitant ensemble des richesses de cette terre sacrée, arrachée par le sang et le feu ! Les jours étoilés succédèrent aux nuits ensoleillées et les eaux coulant sous les ponts finirent par déborder la jetée d’Octobre 1988 ! Les stridents cris de la jeunesse révélèrent au mauvais œil toutes les conséquences de cette «dangereuse» hardiesse ! La main étrangère, «conspirationnisme» opaque, diront les uns, les forces occultes et apprentis sorciers, diront les autres, s’attelèrent à la tâche pour accoucher, par césarienne, de la théorie du désordre en mettant la stratégie du chaos en marche ! Ainsi, de la revendication de la «semoule» qui avait comme charge sémantique : emploi, logement, dignité, liberté. Cheaâyeb Lekhdim et Aïni, résignés et domptés par les images atroces du terrorisme «chaotique », consentirent au sacrifice de leurs acquis sociaux en réduisant leurs revendications à ces prières lancées, dans un ultime soubresaut d’une âme en agonie, au ciel «Allah yenazzal bezzoult errahma», «Allah yettaffi had ejjamra»… Et la salvatrice réconciliation nationale fut ! L’herbe verte ayant repoussé, les revendications reprenaient de plus belle, avec une jeunesse prête tant à la casse qu’à la fête en masse ! Les grèves ajoutaient leurs touches au décor et Cheaâyeb Lekhdim ne pouvait plus savoir qui avait vraiment tort ? Son grand cœur était parasité par sa petite tête qui s’est retrouvée, malgré elle, en train de compter ces faramineuses suites de «zéros» qui font la queue derrière le premier chiffre «imposant», caractérisant la dubitative richesse des nouveaux héros (liaison facultative !) et dont les «m’charkines el foum» n’arrêtent pas d’indexer comme labyrinthique mafia politico-financière ! Quel «désordre» faut-il encore importer/ inventer pour calmer cette dérangeante grogne qui ne cesse de monter !? «Seule une crise, réelle ou supposée, peut produire des changements», disait Milton Friedman(2), et dont l’idéologie inspira la Canadienne Naomi Klein à publier en 2007 La Stratégie du choc(3), essai sur la généalogie du néolibéralisme, «les foules étant nettement plus malléables lorsqu’elles sont en état de choc». Où est-elle allée trouver cette «vérité» !? Cheaâyab Lekhdim, en travaillant ses neurones, s’est finalement dit qu’il s’agit de cette «vieille» sagesse qu’il avait héritée de sa grand-mère «celui qui voit la mort, se réjouit de la fièvre !» «La lumière de l'après-midi éclaire les bambous, les fontaines babillent délicieusement, le soupir des pins murmure dans notre bouilloire. Rêvons de l'éphémère et laissons-nous errer dans la belle folie des choses.»(4)
    B. Khelfaoui (Saïda)

    Notes :
    1- Coran, 02,216
    2- (1912-2006). Prix Nobel d’économie 1976, conseiller des présidents Richard Nexon et Ronald Reagan
    3- Œuvre ayant inspirée, à son tour, Michael Winterbottom et Mat Whitecross à l’adapter à l’écran par un film documentaire britannique, sorti en salle le 3 mars 2010, qui, en utilisant de nombreuses images d'archives, démontre la puissance du texte de Naomi Klein et la nécessité de résister.
    4- Okakura Kakuzo.

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