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    Grand ami de l’Algérie, le savant sunnite Muhammad Saïd al-Bouti tué en Syrie dans un attentat-suicide

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    FEDERER

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    Grand ami de l’Algérie, le savant sunnite Muhammad Saïd al-Bouti tué en Syrie dans un attentat-suicide

    Message par FEDERER le Sam 23 Mar - 20:43

    SALUT

    On a beau donner à la très suspecte révolution en Syrie du crédit, et trouver au président Bachar al-Assad les motifs nécessaires pour souhaiter son départ, là, devant la mise à mort brutale d’un des plus grands savants sunnites encore en vie, Mohamed Said Ramadan al-Bouti, on ne peut qu’être choqué par l’audace blasphématoire d’une telle action.
    Le grand savant syrien Muhammad Saïd Ramadan al-Bouti a été tué brutalement, jeudi 21 mars 2013, lors d'un attentat-suicide à la bombe, opéré dans une mosquée au Nord de Damas, qui a provoqué aussi la mort d’une quarantaine de personnes. Le cheikh Muhammad Saïd Ramadan al-Bouti délivrait à ce moment là, un cours de religion à des fidèles dans la mosquée Al-Imane, dans le quartier Mazraa, au Nord Damas. Il était âgé de 84 ans. Al-Bouti était une des rares personnalités sunnites du pays à s'être rangé aux côtés du président Bachar al-Assad.
    Sa mort a été confirmée par le ministère syrien de la Santé. « Cheikh Muhammad Saïd al-Bouti et 41 fidèles, dont son petit-fils, ont été tués et 84 personnes ont été blessées dans l'attentat qui a visé la mosquée Al-Imane, dans le quartier de Mazraa », a indiqué le ministre, cité par la télévision d’Etat.
    Les auteurs de son assassinat n’ont pas besoin d’êtres désignés, l’ayant fait eux-mêmes depuis longtemps, mettant le savant sunnite à l’index depuis longtemps. Les islamistes djihadistes pro-Al Qaida combattant aux côtés des insurgés sont accusés d’être les responsables de cet attentat, qui constitue le premier attentat-suicide contre une mosquée en Syrie.
    Pour ces djihadistes, al-Bouti qui continuait à les dénoncer publiquement chaque vendredi, sur la chaine de télévision étatique, en direct, devenait une cible à abattre. Pour les djihadistes c’est un « supporter du régime syrien », alors que la vérité est que le savant sunnite syrien d'origine turque, bien qu’il s’est fait remarquer pour s’être rangé résolument et absolument, aux côtés de Bachar el-Assad contre les insurgés, ne cautionnait toutefois pas le meurtre de civils, dénonçant les excès des militaires de Damas chaque semaine, avec la hauteur et le courage que lui conféraient ses 84 ans d’âge.
    Si les djihadistes estiment aujourd’hui, que le président syrien, d’obédience alaouite (chiite), perd un de ses grands soutiens, qui se font de plus en plus rares au sein de la majorité sunnite, il est tout aussi certain que le monde arabo-musulman perd une des plumes les plus érudites en matière d’islam modéré et tolérant.
    Al-Bouti s’est courageusement aligné avec l’Algérie contre le Groupe islamique armé, au début de l’insurrection armée en 1992, se posant résolument contre les références doctrinaires du GIA, notamment les dignitaires saoudiens wahhabites, qui donnait caution et crédit à la thèse accréditant la légitimité du djihad en Algérie. Quand tout le monde applaudissait et disait oui au GIA, lui, disait non, connaissant bien l’Algérie, Etat et peuple, pour y avoir souvent séjourné et dispensé des cours aux milliers de ses élèves dans toute l’Algérie. On se souvient de la lettre envoyée par Mohamed Saïd Ramadan al-Bouti, aux tenants de l´«aile djihadiste», du GIA en Algérie, les exhortant à déposer les armes et à réintégrer la société pour réétudier l’islam, qui condamne le recours aux armes contre les musulmans.
    Auteur d’une quarantaine d’ouvrages, al-Bouti était avec al-Ghazali et al-Karadaoui, un des trois référents de l’islam sunnite, modéré et pacifique. Mais les convergences s’arrêtent là : al-Ghazali est mort, et al-Karadaoui s’est rangé, lui, avec toutes les révolutions, contre tous les régimes, n’hésitant pas à lancer des fetwas criminelles contre Kadhafi, al Assad et consorts, se décrédibilisant largement aux yeux de la communauté de l’islam dans le monde, notamment pour ses liens suspects avec l’émir du Qatar.
    Cheikh Saïd Al-Bouti dénonçait souvent, dans ses interventions, les courants salafistes et takfiristes manipulés ou gérés carrément par certaines monarchies du Golfe, et se posait résolument comme l’ennemi juré de «l’Union mondiale des oulémas musulmans», parrainée par Yousef Al-Qardaoui, porte-voix et soutien actif des groupes terroristes en Syrie.
    Mohamed Saïd Ramadân al-Bouti était un membre influent de la Confrérie des Frères Musulmans, branche syrienne, à ses débuts, avant de prendre ses distances avec elle et se consacrer à la science et à l’exégèse coranique et de la sunna, pour devenir enfin, président du département des Croyances et Religions de la Faculté de la Sharî`ah, à Damas. Ses cours, sermons et conférences dans les mosquées de Damas, d’Alep, de Hama et d’ailleurs, sont écoués chaque semaine par des centaines de milliers de fidèles. Son œuvre, composée d'une quarantaine d'ouvrages, est traduite en une quinzaine de langues dans le monde, dont le français. En 2009, il a été classé à la 23e position du classement des 500 personnalités musulmanes les plus influentes dans le monde de 2009.
    SOURCE:Mon journal par Fayçal Oukaci


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