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    Intempéries : déjà 80 morts !

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    PHOENIX
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    Intempéries : déjà 80 morts !

    Message par PHOENIX le Mer 8 Fév - 12:51


    Hypothermie, asphyxie, accidents de la circulation et avalanches

    Le bulletin météo spécial, dont l’expiration était prévue pour aujourd’hui à 12h, est finalement prolongé jusqu’à vendredi. Et pour cause, la vague de froid persiste pour toucher toutes les villes et villages, y compris les bourgades situées dans les zones frontalières dont les populations nomades ont dû fuir leur campement pour se rapprocher des agglomérations, à la recherche de la nourriture.

    Quatre-vingts morts, c’est le bilan d’une semaine d’intempéries qui ont touché de plein fouet l’Algérie et du froid polaire qui sévit, y compris dans le Grand-Sud. Avec une moyenne quotidienne de 45 accidents de la circulation, 5 morts et 30 blessés, les services de sécurité ont enregistré, ces trois derniers jours, 17 morts et plus de 80 blessés.

    Ce sinistre bilan s’ajoute aux 23 décès des suites d’inhalation du monoxyde de carbone. Ce qui porte le nombre à 40 personnes décédées en 72 heures.

    En ce sens, la protection civile a recensé, en 7 jours, 10 décès par asphyxie et 31 cas de personnes incommodées, sauvées in extremis. Cela va sans dire que plus de 300 personnes, dont 271 SDF (sans domicile fixe), ont également été sauvées par les unités d’intervention et les sapeurs-pompiers qui accomplissent un travail d’Hercule et dans des conditions catastrophiques. Un chiffre qui donne froid dans le dos quand on sait les conditions dans lesquelles ces rescapés, dont des enfants et des femmes, ont été délivrés.
    Tous les centres du Croissant-rouge algérien ont été ainsi mobilisés pour accueillir ces familles touchées par l’hypothermie. En Kabylie, ce sont trois autres personnes qui ont été ensevelies sous les amoncellements de neige alors qu’un jeune a fait une chute mortelle dans la région d’Aïn Defla.
    Ce drame a poussé des milliers de famille à abandonner leur région pour fuir le froid glacial et l’isolement qui persiste, avec en toile de fond le manque de nourriture, de carburant, de gaz et les coupures d’électricité qui perdurent. Selon notre source, plus de 30 000 interventions ont été enregistrées ces trois derniers jours, notamment en Kabylie où 1 500 villages sont toujours isolés par la neige et le verglas.
    L’intervention des troupes de l’Armée nationale populaire (ANP) a été salutaire à bien des égards, ajoutée aux URS (unités républicaines de sécurité) déployées par la DGSN (plus de 60 000 hommes) et aux groupements d’intervention et de réserve (GIR) de la Gendarmerie nationale (plus de 80 000 hommes) et de la Protection civile (plus de 40 000 hommes).

    15 000 nomades désertent leur campement

    Dans les wilayas d’El-Bayadh, Naâma, notamment la localité enclavée d’El-Aâricha (une zone frontalière au Maroc), Djelfa et Laghouat, environ 5 000 familles de nomades (soit 15 000 personnes, dont des femmes et des enfants) ont fui le froid glacial.
    Dans ces régions arides de l’Algérie profonde, les températures ont sensiblement chuté pour atteindre les -10 et -12 C° ! Certains éleveurs nomades ont carrément abandonné leurs cheptels, leurs uniques ressources de vie, avant de les récupérer avec l’aide des services de sécurité.
    L’instinct de vie oblige, ces populations ont déserté leurs tentes. Et si certaines familles ont pu sauver ce qui restait de leur bétail, d’autres, en revanche, ont préféré s’amasser auprès des villes. Selon notre source, les groupements des gardes-frontières (GGF) ont également contribué pour sécuriser ces populations et leur apporter aide et assistance. Cette situation n’est pas propre au sud-ouest du pays.
    Notre source révèle que le froid qui frappe la zone frontalière algéro-tunisienne a également contraint certaines populations habitant dans les petites bourgades à se rabattre sur les villes, notamment à Guelma, Tébessa, Souk-Ahras et el-Tarf. Le drame du froid polaire touche aussi les zones arides de Béchar, de Tamanrasset, d’Illizi, d’Adrar et de Tindouf où le mercure a vertigineusement chuté ces trois derniers jours. À El-Oued, la neige a fait son apparition, à la surprise de ces populations, autrefois habituées au froid hivernal et aux averses orageuses. L’exode a également touché certaines régions du centre avec l’effondrement de maisons, notamment à Alger, avec l’effondrement partiel des murs d’une habitation précaire et l’effondrement partiel du faux plafond d’une classe, au lycée Mohamed-Anaoui. Hier, au moins 300 têtes de cheptel ont succombé au froid et à la faim dans la région de Médéa où un éleveur était contraint de fermer son étable, alors qu’un autre citoyen est décédé dans la wilaya de Khenchela des suites de l’hypothermie et de l’isolement.

    L’armée face aux 273 routes coupées à la circulation

    L’état des routes est catastrophique, selon un bilan exhaustif rendu public hier par les services de sécurité et la protection civile. Déployées dans plusieurs régions du pays, les troupes de l’Armée nationale populaire (ANP) sont mises à contribution pour atteindre les zones jusque-là inaccessibles.
    Avec 273 routes coupées, 800 communes coupées du monde, dont 60 en Kabylie, et 30 wilayas sinistrées (Tizi Ouzou, Béjaïa, Constantine, Khenchela, Batna, Boumerdès, Bouira, Tiaret, El-Bayadh, Laghouat, Blida, Tipasa, Bordj Bou-Arréridj, Tiaret, Chlef, Aïn Defla…), l’armée a déployé de gros engins pour venir en aide aux populations en souffrance depuis déjà une semaine.
    Selon un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN), les troupes de la Ire Région militaire sont déjà en œuvre dans les wilayas de Blida, Tizi Ouzou, Boumerdès, Médéa et Aïn Defla. Dans ces régions, pas moins de 11 routes principales ont été rouvertes à la circulation.
    Mais pas seulement, puisque les militaires ont réussi à désenclaver 80 familles entre Larbaâ et les Deux Bassins (Blida) et sauvé une famille entière à Amalou (Tizi Ouzou). À Aïn Defla, les unités de l’ANP sont venues au secours d’un centre de prise en charge des enfants alors que des dizaines de citoyens, menacés par l’isolement, ont été pris en charge dans les casernes.
    Aussi, des familles sinistrées dans la wilaya de Boumerdès ont été sauvées par les militaires qui sont intervenus d’urgence à Timezrit. “Les unités de l’ANP resteront mobilisées jusqu’à la fin de leur mission et qui consiste à désenclaver les populations en détresse”, indique-t-on. Du côté du ministère de la Solidarité, on indique que des caravanes sont déjà à pied d’œuvre pour venir en aide aux SDF, notamment en couvertures et en nourriture alors que toutes les unités du Samu ont été mobilisées pour sillonner les wilayas sinistrées afin d’apporter l’aide sanitaire et psychologique aux sinistrés. Cette action sociale est orientée vers les régions enclavées où les cellules de crise sont installées pour coordonner les interventions rapides, avec la mise à contribution du mouvement associatif.

    Appels à la vigilance

    Le bulletin météo spécial (BMS), dont l’expiration était prévue pour aujourd’hui à 12h, est finalement prolongé jusqu’à la journée de vendredi. Raison pour laquelle les appels ont été lancés, hier, aux populations en souffrance afin de faire preuve de vigilance. Et pour cause, la vague de froid persiste pour toucher toutes les villes et villages, y compris les bourgades situées sur les zones frontalières. En plus des cellules de crise installées au niveau des wilayas et des daïras, les citoyens sont appelés également à éviter les déplacements inutiles dans les régions dangereuses et sur les axes routiers à risque.

    Par : Farid Belgacem (Liberté).


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    boudjadi

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    Re: Intempéries : déjà 80 morts !

    Message par boudjadi le Mar 14 Fév - 0:16

    Sahitou,

    Ce journaliste connait trop bien la Kabylie ou pas assez! Tout l’article tourne autour d’un village qui s’appelle Thaderth Oufella. Vas-y savoir ou ce trouve ce village! Il n’y a pas une region en Kabylie qui n’aurait pas une Tadart Oufella et une Ouwedda! (ie : Village d’en haut et village d’en bas). Yakhi Journalisme Yakhi! Essayer de retracer ce village serait synonyme de chercher Mohamed a Baghdad! M’enfin!

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    Objet : news de thaderth et de ammi salah

    http://www.dna-algerie.com/reportage/a-thaderth-village-isole-par-la-neige-et-le-froid-le-chemin-de-croix-de-ammi-saleh-85-ans
    A Thaderth, village isolé par la neige et le froid: Le chemin de croix de Ammi Saleh, 85 ans
    Mercredi, 08 Février 2012, 09:53 | Farid Alilat

    Indigence et détresse dans un village de Kabylie isolé par la neige. Depuis vendredi 3 février, Thaderth Oufella, petit village de 400 âmes perché à 950 mètre d’altitude, est presque coupé de la civilisation. Pas d’eau courante – les canalisations sont gelées-, pas de gaz butane, sinon rare, les denrées alimentaires de base commencent à manquer et le coutant électrique menace de sauter à tout moment. Le seul lien qui relie le village au reste du monde reste le téléphone portable et internet à faible débit.

    Ici la couche de neige atteint plus d’un mètre, voire plus dans certains endroits et la seule route de montagne qui mène à Thaderth Oufella est obstruée par un épais manteau neigeux. Ici les premières neiges ont commencé à tomber le 29 janvier.

    Les soldats de l’armée, dépêchés sur les lieux pour secourir les habitants, ont bien tenté de dégager le tronçon avec des engins, mais ils n’y sont pas encore parvenus ce mercredi 8 février.

    Thaderth est un village de vieux, dit Lyes, enseignant d’histoire et géographie dans un collège. Les hommes et les femmes l’ont déserté pour aller travailler et vivre ailleurs. Les jeunes qui ont désespéré d'y vivre sont partis en France et au Canada.

    « Il ne reste qu’une poignée de jeunes, de vieux retraités et de vieilles grand-mères dont la présence permet à Thaderth de ne pas tomber en ruines et dans l'oubli. »

    C'est ici que vit Ammi Saleh, 85 ans, avec sa vieille épouse. Retraité de France où il a travaillé durant toute sa vie, Saleh souffre de plusieurs maladies chroniques.

    Depuis vendredi dernier, le vieux retraité est terrassé par une angine qui le cloue au lit.

    Certes un jeune médecin, Mokrane, fraichement sorti de l’université, est venu ausculter Ammi Saleh et lui délivrer quelques comprimés mais ces petits remèdes ne soulagent pas les douleurs.

    Son état risquant de s’aggraver davantage avec le froid glacial du jour et les températures sibériennes de nuit, il faut donc l’évacuer en urgence vers le dispensaire de la ville, distant de quelque 5 à 6 km.

    Chemin de croix

    A Thaderth en ce février de neige et de froid, ces 5000 ou 6000 mètres qui séparent le village de l'hôpital ne sont pas moins qu’un pénible et long chemin de croix.

    La route est recouverte d’un tel manteau qu’aucune voiture n’est en mesure d’avancer d’un mètre.

    Même les ânes, ces bêtes de somme aussi indispensables dans ces contrées montagneuses que la bouteille de gaz butane, ne sont d’aucun secours.

    Les rares bourriques que compte encore le village sont parquées dans les étables.

    Il ne reste alors que les bras des hommes pour transporter le vieux Saleh ce mardi 7 février, dans la matinée.

    « Nous l’avons enveloppé dans des couvertures chaudes, déposé un matelas sur une blanche en bois qui avait servi jadis comme porte et l’avons allongé dessus, raconte Lyes. Nous l’avons ensuite soulevé et transporté à pied dans la neige et le froid pendant 2 kilomètres. »

    Telle une procession funéraire portant un linceul, le groupe de jeunes avance lentement tandis que d’autres ouvrent le chemin avec des pelles, des râteaux, des pioches.

    Un tractopelle, signe de la providence

    La neige tombe drue et le brouillard est à couper au couteau. Au dessus du fardeau sur lequel est allongé le vieux Saleh, on disposera un parapluie pour éviter qu’il ne soit mouillé par la poudreuse. Du mois, une partie du corps.

    Après ce chemin de croix long de quelque 2000 mètres, un tractopelle conduit par un jeune entrepreneur, Hamadou, arrive devant la procession comme un signe de la providence.

    « 5 jeunes ont pris place à l’intérieur de la petite remorque, raconte encore Lyes. Ils tiennent sur leurs jambes le matelas dans lequel Ammi Saleh est emmitouflé, l’enserrent avec leurs bras pour éviter qu’il ne tombe et roule sur la neige. Nous avons avancé ainsi pendant 2 kilomètres avant qu’un gros 4x 4 ne prenne le relais pour évacuer le malade vers l’hôpital. »

    Le vieux Saleh y est toujours et ses sauveteurs comptent lui rendre visite ce mercredi après-midi.

    Et la neige continue encore de tomber drue et épaisse sur Thaderth Oufella.

    Photos : Lyes Chebli
    pour voir les photos allez sur le site:
    http://www.dna-algerie.com/reportage/a-thaderth-village-isole-par-la-neige-et-le-froid-le-chemin-de-croix-de-ammi-saleh-85-ans
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    Re: Intempéries : déjà 80 morts !

    Message par PHOENIX le Mar 14 Fév - 10:37


    Merci pour l'article Boudjadi, un témoignage trés poignant concernant les difficultés rencontrées par ces villageois dans ces zones trés isolées.

    Pour l'anecdote, j'ai un cousin vivant sur Alger et dont le pére est touché par une insuffisance rénale, le pére malheureusement doit se rendre à l'hopital de Tizi ouzou deux fois par semaine pour des séances d'hémodialyse.

    le pére vivant dans les hauteurs de la Kabylie et dont les routes sont bloquées, le fils a dû avec un 4*4 se rendre chez son pére en degageant tout sur son passage à l'aller comme au retour à l'aide d'une simple pelle pour le transporter à l'hopital, c'est dire que les moyens dont dispose ces petites communes sont vraiment ridicules, c'est dans tout les cas les entrepreneurs privés du BTP qui usent de leurs pelles mecaniques pour degager les routes...l'etat est absent!.


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    Re: Intempéries : déjà 80 morts !

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