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    Mois de catastrophes naturelles et politiques,Les leçons d’octobre

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    PHOENIX
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    Mois de catastrophes naturelles et politiques,Les leçons d’octobre

    Message par PHOENIX le Lun 10 Oct - 9:47



    Des catastrophes de plus en plus meurtrières

    Le relogement, le nettoiement des voiries, la construction parasismique et l’interdiction de bâtir dans les lits et aux abords des oueds sont autant de leçons que nous sert cycliquement le mois d’octobre.

    Octobre est-il réellement un mois de catastrophes? Faut-il croire à cette superstition que certains chiffres, certaines dates confirment? Si on énumère ces catastrophes, on se rend compte que la plupart se produisent curieusement en octobre. A commencer par le séisme de Chlef ex- El Asnam, en octobre 1980 qui a ébranlé les Algériens. C’était l’un des premiers séismes qu’avait connus l’Algérie depuis son indépendance et on se souvient encore des images de solidarité des citoyens et surtout des éléments de l’ANP. Le bilan a été lourd: plus de 3000 morts, des dizaines de milliers de blessés et des milliers de sans-abri, sans compter les milliards de dollars de dégâts. Mais qu’avons-nous appris de ce séisme? Rien, absolument rien. Puisque près de 23 ans plus tard, le non-respect des normes sismiques a fait encore des dégâts lors du séisme de Boumerdès. Et qu’en est-il des relogements et de la prise en charge des victimes de ce séisme? Nombreux sont aujourd’hui les sinistrés de Chlef à résider encore dans des chalets que leur avait attribués l’Etat en attendant de les reloger dans des habitations en dur.

    En 2003, lors du séisme de Boumerdès, le même scénario s’est reproduit. En effet, des sinistrés de cette catastrophe naturelle sont encore dans des chalets. D’autres tremblements de terre ont suivi, moins meurtriers mais ils se sont produits en octobre. Il y a octobre 1989 à Alger, septembre 1996… Il y a eu la catastrophe des inondations de Bab El Oued du 10 octobre 2001. Le spectacle a été apocalyptique. Des coulées de boue extraordinaires avaient emporté tout sur leur passage. Du jamais-vu, jamais imaginé, mais cela s’est produit, encore une fois en… octobre. Près de 800 morts ont été dénombrés et des centaines de milliards de pertes.

    Qu’avons-nous appris de ces inondations? Rien, absolument rien. Aucune commune ne dispose d’une carte répertoriant les risques naturels auxquels elle est confrontée, nous ne savons toujours pas nettoyer nos voiries et nous construisons toujours sur les lits et les berges des oueds et rivières. Le phénomènes des inondations s’est reproduit le 16 octobre à Béchar. Puis les mêmes causes, le même laisser-aller reproduisent le même phénomène à Ghardaïa en 2008 et il récidive dernièrement et de manière plus grave à El Bayadh.

    Bien évidemment, toujours au mois d’octobre. Plus de 13 morts, 600 milliards de dinars de dégâts matériels et des centaines de familles sans logis.

    Les mêmes réactions des autorités qui, dans la précipitation, passent souvent à côté du vrai problème. Ces catastrophes ont-elles appris au moins aux autorités qu’il faut des chalets et des tentes démontables dans les chefs-lieux de wilayas à risques? Ces catastrophes ont-elles sensibilisé nos responsables locaux et qu’il est temps de s’y mettre sérieusement et faire respecter la loi? Car dans le fond, il s’agit du respect de la loi aussi bien au plan de la construction antisismique que des plans d’urbanisme. Avons-nous entendu parler d’une enquête sur les bâtisses érigées dans les lits ou sur les berges d’oueds? Si ces constructions ont des permis, il faut que les signataires de l’autorisation rendent des comptes. Si ces constructions n’ont pas d’autorisation, ceux qui n’ont pas appliqué la loi doivent aussi rendre des comptes… Octobre est finalement une vraie école. Même au plan politique, il y a de quoi tirer des leçons.

    Qu’on se rappelle Octobre 1988, quand le régime du parti unique a été balayé par une révolte populaire. Que reste-t-il de cette révolte, quelle leçon en avons-nous tiré? Pas grand-chose en tout cas. Toujours dans le chapitre de l’Histoire, il y a le 17 Octobre 1961 à Paris quand des dizaines d’Algériens, manifestant pacifiquement, furent criblés de balles ou jetés dans la Seine où nombre d’entre eux moururent noyés car ne savant pas nager. Octobre est craint et honni par de nombreux Algériens car ils ont souffert d’événements naturels, politiques ou sociaux durant ce mois «détesté», porteur de stigmates au long cours si difficiles à panser.

    L’artiste, d’une manière générale et en l’occurrence le regretté Kamel Messaoudi, fauché à la fleur de l’âge, n’a-t-il pas évoqué dans l’une de ses chansons enregistrées à Alger, de façon magistrale et combien triste, ce «mois messager», comme il l’appelle, de «deuil et de frayeur…chargé de séismes et de guerres…» C’est dire, avec ce rappel évocateur de tristes périodes advenues en ce mois précisément, combien cette appréhension, qui témoigne de la crédulité du citoyen lambda, est ancrée dans le subconscient du citoyen algérien. Ailleurs, dans les tréfonds du pays, dans les souks notamment, les troubadours, joueurs de «gasba», ne se lassent pas de citer cette sombre période d’octobre en énumérant surtout les catastrophes naturelles, les séismes notamment, qui ont secoué le pays dans diverses régions.

    L'Epression.


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