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    “L’image du pays à l’étranger”

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    PHOENIX
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    “L’image du pays à l’étranger”

    Message par PHOENIX le Mer 8 Déc - 12:36



    L’ancien ambassadeur des États-Unis à Alger ne nous apprend rien sur la manière dont nous sommes gouvernés. Mais on ne savait pas que la simulation de gouvernance était, à ce point, flagrante aux yeux de nos partenaires les plus privilégiés.

    Pour un régime obnubilé par “l’image de l’Algérie à l’étranger”, image qu’on doit confondre avec la sienne bien entendu, c’est raté. Et c’est notre premier client, dont les approvisionnements en hydrocarbures algériens frôlent les neuf milliards de dollars, qui fait cet affligeant constat : l’Algérie est “un pays malheureux”. La mauvaise “image de l’Algérie” à l’étranger n’est pas, ici, le fait de propos de détracteurs nationaux du régime mais le résultat d’une évaluation d’officine diplomatique d’un pays fortement investi dans des relations commerciales et sécuritaires avec l’Algérie.
    En février 2008, les dépêches d’ambassade évoquaient “une classe politique” plus intéressée par les débats sur “la réforme de la Constitution, le troisième mandat et le problème de la succession” que par la façon de résoudre “l’aliénation politique qui dure depuis longtemps et le mécontentement social”. Cela n’a pas changé en bientôt trois ans et la scène nationale donne l’impression d’un sérail exclusivement préoccupé par les questions de pouvoir, incapable de formuler une politique de développement économique ou de résolution des questions sociales. Un projet de société ne peut, en effet, se limiter aux “dizaines de milliards de dollars dépensées dans les infrastructures”.
    “Le manque de vision au sommet”, visiblement perceptible par nos visiteurs, condamne le pays à souffrir indéfiniment “ces problèmes systémiques”, c’est-à-dire inhérents à la nature de l’État.
    La panne conceptuelle est manifestement incarnée par l’irrésolution qui entoure la réconciliation nationale, dénoncée par les faits et notamment par ces attentats qui secouèrent la capitale un certain 11 décembre 2007 et dont certains auteurs avaient été remis en circulation par la grâce de la Charte pour… la paix. Entendue comme la réalisation absolue du régime, comme la prouesse qui excuserait tous les échecs éventuels, elle ne fait que s’ajouter à la liste, déjà longue, des déboires nationaux. Et comme le constat d’échec est inconcevable dans le système qui est le nôtre, le pouvoir préfère l’obstination désastreuse à la révision dégradante.
    Tout se passe comme si la vie politique nationale se résume à une fuite en avant d’un régime qui, faute de projet pour le pays, se projette lui-même, et à l’infini, au pouvoir. Ce n’est plus le “coup d’État permanent” mais la reproduction permanente du système à travers les régimes successifs. Alors que le pays, négligé, dérive, la problématique nationale en est alors réduite à une perpétuelle guerre — feutrée, mais guerre tout de même — de succession.
    Visiblement, cet activisme politicien, sur fond d’insouciance stratégique, n’a même pas pu être dissimulé à nos hôtes. En tout cas, c’est cette “image du pays à l’étranger” qui ressort de leurs contacts et de leurs observations.

    Libérté.


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